
L’apparence classique d’un chaton sur le point d’éternuer. Gaby Vieira / Shutterstock.com
L’excitation d’accueillir un nouveau chaton peut s’accompagner d’anxiété… et de nombreuses questions. Les éternuements de votre chaton sont-ils normaux ou signalent-ils un problème à résoudre ?
Les éternuements peuvent être tout à fait normaux chez les chats, y compris chez les chatons. Comme pour nous, une petite irritation dans le nez peut provoquer un éternuement. Ce charmant « pfft » nasal, accompagné d’un petit visage froissé, peut simplement montrer que le corps tente de se débarrasser d’un irritant. Cependant, ces éternuements doivent rester occasionnels. Des éternuements fréquents et persistants ne sont pas normaux.
Dans cet article, nous passerons en revue plusieurs raisons pour lesquelles les jeunes chatons peuvent éternuer, les signes à surveiller et le moment où il pourrait être nécessaire de consulter votre vétérinaire.
Causes des éternuements chez les chatons
Le système immunitaire des chatons n’étant pas encore complètement développé, les infections représentent la cause la plus fréquente d’éternuements persistants chez les jeunes chats. Nous aborderons également certaines affections plus rares, mais les infections restent les plus courantes.
1. Infections virales
Les infections virales sont la cause principale des éternuements persistants chez les chatons. Leur système immunitaire immature, associé au stress lié à un nouvel environnement, rend les jeunes chats particulièrement vulnérables. Les éternuements d’origine virale ne s’accompagnent généralement pas d’écoulement, ou seulement d’un léger filet clair et aqueux.
Deux virus sont le plus souvent responsables, représentant environ 90 % des infections respiratoires supérieures chez les chats :
- Herpèsvirus félin (FHV) – Aussi appelé rhinotrachéite virale féline (FVR), l’herpèsvirus félin peut toucher les chats de tous âges, mais les chatons restent les plus sensibles. Il se transmet par contact avec les sécrétions oculaires, nasales ou la salive. Les chats porteurs chroniques peuvent facilement infecter les jeunes chatons, surtout dans les refuges ou les colonies extérieures. Le FHV peut aussi affecter les yeux, provoquant une conjonctivite (inflammation autour des yeux) ou une kératite (ulcères et inflammation de la cornée).
- Calicivirus félin (FCV) – Fréquent chez les jeunes chatons, le FCV commence souvent dans la bouche, provoquant irritation et ulcères. Il peut ensuite se propager aux voies nasales et provoquer des éternuements. Dans la plupart des cas, les chatons en bonne santé se rétablissent spontanément, mais certaines souches peuvent entraîner des formes plus graves, comme la pneumonie.
Concernant le SARS-CoV-2 (COVID-19), il est très peu probable qu’il provoque des éternuements chez les chats ou les chatons. Quelques chats ont été testés positifs après une exposition prolongée à des personnes infectées et, dans de très rares cas, ont présenté des symptômes légers. Les preuves suggèrent toutefois que la transmission du virus entre chats, ou de chats vers humains, reste extrêmement rare.
2. Infections bactériennes
Les bactéries les plus souvent responsables de symptômes respiratoires supérieurs chez les chatons incluent Mycoplasma et Chlamydia. Bordetella, la même bactérie à l’origine de la toux de chenil chez les chiens, peut également provoquer des infections chez les chats sensibles.
Ces infections bactériennes surviennent le plus souvent à la suite d’une infection virale, en particulier celle causée par l’herpèsvirus félin. Certains chats peuvent également être porteurs de ces bactéries et ne développer des symptômes qu’en situation de stress, de manière similaire à un chat porteur d’herpèsvirus.
3. Allergènes et irritants
Les irritants nasaux et les allergènes, comme le pollen, la poussière ou la litière pour chat, peuvent également provoquer des éternuements. Ceux-ci se manifestent souvent par une brève série d’éternuements ou par plusieurs éternuements consécutifs qui s’arrêtent ensuite. Si l’allergène ou l’agent irritant persiste, les éternuements peuvent continuer.
D’autres irritants peuvent aussi déclencher des éternuements, et parfois de la toux en cas d’asthme félin :
- Produits d’entretien ménager
- Bougies parfumées
- Diffuseurs d’huiles essentielles
- Moisissures
- Fumée de cigarette, de cigare ou de pipe
- Vapeur ou brume de vapotage
- Pulvérisations de pesticides
- Parfum
- Poussière de litière
4. Objets étrangers
Il arrive parfois qu’un chat curieux se retrouve avec un corps étranger dans le nez. Il peut s’agir d’un petit morceau de jouet en plumes, d’un brin d’herbe ou d’une particule de nourriture. Le plus souvent, cela se traduit par un éternuement soudain et persistant, parfois accompagné d’un écoulement nasal ne touchant qu’une seule narine.
5. Causes plus rares d’éternuements chez les chatons
Certaines causes d’éternuements sont plus fréquentes chez les chats adultes, mais peuvent parfois toucher les chatons.
- Rhinite chronique : Il s’agit d’une inflammation des voies nasales à médiation immunitaire, accompagnée de lésions chroniques des tissus. Cette affection nécessite une prise en charge à long terme. Elle est considérée comme rare chez les chatons, car elle met du temps à se développer.
- Fente palatine : Cette malformation congénitale survient lorsque le palais ne se ferme pas correctement avant la naissance. Elle crée une communication anormale entre la cavité buccale et les voies nasales, permettant au lait et à la nourriture de provoquer irritation et éternuements. Bien que rare, j’ai moi-même rencontré un cas. Ces affections peuvent entraîner des complications graves et nécessiter une intervention chirurgicale, mais de bons résultats sont possibles.
- Infections dentaires : Une dent fortement infectée ou un abcès de racine peut provoquer des éternuements et un écoulement nasal unilatéral. Les infections dentaires sont fréquentes chez les chats adultes, mais très rares chez les chatons, dont les dents n’ont pas encore eu le temps de développer une maladie parodontale.
- Cancer : Les tumeurs nasales restent peu fréquentes chez le chat, même adulte, ne représentant qu’environ 1 % des cancers félins. Les types les plus courants sont le carcinome épidermoïde (SCC), d’autres formes de carcinome et le lymphome. J’ai personnellement connu un chat ayant développé un lymphome nasal à 6 ans, mais ce type de cancer est exceptionnel chez les jeunes chatons. En moyenne, seuls 3 à 4 chats par an présentent un cancer nasal confirmé.
Quand appeler le vétérinaire ?

Les éternuements accompagnés d’écoulements blancs, jaunes ou verts provenant du nez et/ou des yeux constituent un motif important pour consulter rapidement un vétérinaire. RJ22 / Shutterstock.com
Les éternuements légers peuvent souvent être gérés à la maison, surtout si votre chaton est vif, mange bien et ne présente aucun autre signe de maladie. Cependant, certains symptômes doivent être considérés comme des signaux d’alarme, indiquant qu’une consultation vétérinaire est nécessaire.
- Éternuements persistants : Si les éternuements durent plus de 7 jours, il est temps de consulter. Même si certaines infections, comme l’herpèsvirus, peuvent mettre jusqu’à trois semaines à se résorber, il ne faut pas attendre aussi longtemps sans avis médical. Votre vétérinaire pourra déterminer la cause et vous indiquer si un traitement à domicile est suffisant ou si des soins supplémentaires sont nécessaires.
- Écoulement nasal épais ou coloré : Un écoulement jaune ou vert est rare lorsque les éternuements sont uniquement d’origine virale ou allergique. Il peut indiquer une infection bactérienne ou certaines causes plus rares que nous avons évoquées.
- Écoulement avec du sang : Il peut résulter d’une irritation des voies nasales due à des éternuements répétés. Le vétérinaire vérifiera également la présence éventuelle d’une infection, d’un corps étranger ou d’une masse dans les voies nasales.
- Manque d’appétit et/ou léthargie : Cela peut être dû à une obstruction nasale qui empêche le chaton de sentir sa nourriture ou à une fièvre. En raison de leur petite taille, les chatons sont particulièrement sensibles à la déshydratation et à la malnutrition.
Traitement des éternuements chez les chatons

La thérapie à la vapeur peut aider à soulager la congestion nasale. Marina Demeshko / Shutterstock.com
Dans la majorité des cas, les éternuements chez les chatons peuvent être gérés à domicile sous la supervision de votre vétérinaire.
La plupart des infections virales des voies respiratoires supérieures se résolvent spontanément en environ trois semaines, à condition que le chaton évolue dans un environnement calme, sans stress, et bénéficie d’une alimentation saine et équilibrée.
Antiviraux
Il existe peu de traitements directs pour les infections virales des voies respiratoires supérieures chez les chats.
Le famciclovir est un antiviral qui peut parfois être utilisé hors indication pour traiter les chats infectés par le virus FHV-1. Son utilisation est surtout envisagée dans les cas de symptômes persistants, de récidives fréquentes ou dans des environnements où le stress et la transmission virale sont difficiles à contrôler, comme dans un refuge surpeuplé.
La lysine (ou L-lysine), un acide aminé, a été longtemps populaire pour réduire les symptômes et la gravité des infections à herpèsvirus chez les chats. Cependant, son utilisation a diminué ces dernières années, car son efficacité n’a pas été scientifiquement démontrée. Certains vétérinaires continuent toutefois de constater des résultats anecdotiques chez certains chats.
Antibiotiques
Les antibiotiques ne sont indiqués que pour traiter les infections bactériennes. Comme plus de 90 % des affections des voies respiratoires supérieures à l’origine des éternuements chez les chats sont virales, la plupart des chatons se rétablissent sans recours aux antibiotiques.
Des tests peuvent être effectués pour détecter une infection bactérienne, mais leur interprétation peut être complexe, car certaines bactéries vivent normalement dans les voies respiratoires. Chez les chatons présentant un écoulement nasal coloré, de la fièvre, une diminution de l’appétit ou des éternuements persistants, le vétérinaire déterminera si un traitement antibiotique est nécessaire.
Soins avancés
Si votre chaton développe des signes plus graves associés aux éternuements, tels que de la fièvre, un manque d’appétit et une léthargie, votre vétérinaire peut vous conseiller d’autres tests et traitements plus poussés. Cela peut commencer par des radiographies et des analyses sanguines, et des tests plus poussés peuvent inclure une tomodensitométrie et une rhinoscopie (à l’aide d’un vidéoscope pour voir les voies nasales).
Les thérapies complémentaires comprennent les stimulants de l’appétit, les liquides sous-cutanés pour la réhydratation et les médicaments anti-inflammatoires comme les stéroïdes. Bien que cela soit rare, une sonde d’alimentation peut être nécessaire chez les chats ou les chatons qui ont arrêté de manger en raison d’une congestion nasale et où d’autres thérapies pour encourager l’alimentation ont échoué.
Soins à domicile
Dans de nombreux cas d’éternuements non compliqués chez le chaton, votre vétérinaire pourra vous conseiller des soins à domicile.
- Thérapie à la vapeur : La vapeur aide à fluidifier les sécrétions et à dégager les voies nasales. La méthode la plus simple consiste à faire couler une douche chaude pour remplir la pièce de vapeur. Laissez votre chaton respirer cette vapeur pendant 10 à 15 minutes. Vous pouvez répéter l’opération plusieurs fois par jour si nécessaire. Un humidificateur placé dans un petit espace fréquenté par votre chat peut également être bénéfique.
- Réchauffer les aliments : Les aliments chauds et humides dégagent davantage d’arômes, ce qui peut stimuler l’appétit du chaton.
- Gouttes nasales : Des gouttes salines plusieurs fois par jour dans chaque narine peuvent fluidifier l’écoulement et aider à dégager les voies nasales. Attention, les narines des chatons sont très petites, ce qui peut rendre l’application délicate.
- Gant de toilette chaud : Retirez délicatement tout écoulement sec ou croûteux du nez et des yeux avec un chiffon chaud et humide. La chaleur et l’humidité peuvent également aider à soulager une certaine congestion.
Évitez les décongestionnants nasaux pour humains
Si votre chaton semble congestionné, il peut être tentant d’utiliser un médicament contre le rhume ou un antihistaminique décongestionnant destiné aux humains. Cependant, les ingrédients courants de ces produits, tels que la pseudoéphédrine ou la phényléphrine, sont hautement toxiques pour les chats (et les chiens). Ils ne doivent donc jamais être administrés à votre animal.
Prévention des éternuements chez les chatons

La vaccination reste le moyen le plus efficace pour réduire les risques liés à l’herpèsvirus félin et au calicivirus félin, deux virus responsables fréquents d’éternuements chez les chatons.Dina da / Shutterstock.com
Certaines mesures peuvent aider à prévenir certains types d’éternuements chez les chatons.
- Vaccination – L’herpèsvirus félin et le calicivirus félin font partie des vaccins de base et sont inclus dans le vaccin combiné FVRCP (HCP).
- Réduire les facteurs de stress – Le stress peut favoriser la persistance des symptômes viraux et ralentir la guérison. Il peut également provoquer une infection chez un chat porteur asymptomatique.
- Éliminer les allergènes – Il est difficile de supprimer totalement poussière, allergènes et autres irritants de la maison, mais vous pouvez réduire leur impact. Nettoyez régulièrement, utilisez des purificateurs d’air et privilégiez des litières à faible poussière pour protéger votre chaton.
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