
Pete Wedderburn / Cats.com
La rupture diaphragmatique, également appelée hernie, est une affection fréquente et grave chez le chat. Elle survient généralement à la suite de traumatismes, comme des accidents de la route. Les hernies diaphragmatiques congénitales, en revanche, sont rares, mais elles sont plus souvent observées chez certaines races, comme les chats himalayens et les maine coon.
Le diaphragme est une fine membrane composée de muscles et de ligaments qui sépare l’abdomen du thorax, maintenant ainsi le contenu abdominal (foie, estomac, intestins, etc.) distinct du contenu thoracique (poumons, cœur, etc.).
En cas de rupture diaphragmatique ou de hernie, un trou se forme dans le diaphragme, permettant au contenu abdominal de migrer vers la poitrine. L’intestin grêle et d’autres organes peuvent alors entrer en contact direct avec les poumons, perturbant leur fonctionnement normal.
Causes de la rupture diaphragmatique ou de la hernie
Il existe deux types de hernies diaphragmatiques.
Les hernies diaphragmatiques congénitales sont des anomalies anatomiques présentes dès la naissance. Elles peuvent être complexes et impliquer le sac péricardique (le sac entourant le cœur) ainsi qu’un défaut du diaphragme, ce que l’on appelle une hernie péritonéo-péricardique, ou PPDH (Peritoneopericardial Diaphragmatic Hernia) sur le plan technique.
Les hernies diaphragmatiques acquises, également appelées ruptures diaphragmatiques, sont généralement provoquées par un traumatisme contondant, comme un accident de la route, une chute ou une attaque par un autre animal. Lorsqu’un tel traumatisme provoque une augmentation soudaine de la pression dans la cavité abdominale, tandis que la glotte (larynx) reste fermée et empêche l’expulsion de l’air, le diaphragme peut se déchirer sous la pression, créant un trou. Les organes abdominaux peuvent alors migrer vers la cavité thoracique.
Si le trou est petit, seul un organe, comme une partie du foie, peut passer dans la poitrine. Si le trou est plus large, plusieurs organes peuvent se déplacer, notamment le foie, l’estomac, les intestins et l’épiploon, cette fine couche de tissu fibreux formée par un repli du péritoine qui flotte normalement dans l’abdomen.
Dans la pratique, le terme « hernie diaphragmatique » est souvent utilisé pour désigner une rupture diaphragmatique, de sorte que la terminologie n’est pas toujours strictement respectée.
Symptômes de la hernie diaphragmatique chez le chat

Un chat souffrant d’une hernie diaphragmatique peut présenter des difficultés respiratoires et montrer une réticence à se déplacer ou à s’alimenter. Melina Grin / Cats.com
Les signes cliniques d’une hernie diaphragmatique chez le chat comprennent une difficulté à respirer (dyspnée), une respiration rapide (tachypnée), une réticence à faire de l’exercice, une fatigue, une perte de poids, une anorexie ou une inappétence, des vomissements et/ou une diarrhée, et un abdomen retroussé et vide.
Diagnostic de la hernie diaphragmatique
Si votre vétérinaire suspecte une hernie diaphragmatique chez votre chat, il examinera attentivement son historique et ses soins de santé généraux. Par exemple, les chats vivant exclusivement à l’intérieur sont très peu susceptibles de développer une rupture diaphragmatique traumatique.
Il est important de savoir que certains chats peuvent présenter une rupture traumatique du diaphragme non diagnostiquée pendant de nombreuses années, avec peu ou pas de signes cliniques. Parfois, la maladie est découverte par hasard, par exemple lors de radiographies effectuées pour une autre raison, ou les signes peuvent apparaître plus tard dans la vie pour diverses raisons. L’accident initial ayant provoqué la rupture peut remonter à plusieurs années, ce qui rend un historique médical détaillé particulièrement essentiel.
Examen physique
Votre vétérinaire examinera votre chat avec attention à la recherche de signes de hernie diaphragmatique. Le signe physique le plus courant est souvent une respiration irrégulière ou accentuée, accompagnée d’une sensation de vide dans l’abdomen. D’autres indices d’un traumatisme peuvent également être présents, tels que des fractures ou des ecchymoses.
Si les pattes arrière du chat sont surélevées, la respiration peut parfois s’aggraver, car le contenu abdominal se déplace davantage dans la cavité thoracique. Cette manipulation doit donc être réalisée avec une grande précaution en cas de détresse sévère.
Parmi les autres signes possibles figurent des gencives pâles ou parfois bleuâtres (cyanose). Votre vétérinaire écoutera attentivement la poitrine de votre chat : les bruits cardiaques et pulmonaires peuvent être atténués, car le contenu abdominal déplacé peut gêner la transmission des sons.
Des irrégularités cardiaques peuvent également être perçues. Il arrive même que l’on entende des bruits de gaz intestinaux (borborygmes) dans la poitrine — chez un chat normal, ces sons ne sont perceptibles que lorsque le stéthoscope est placé sur l’abdomen.
Analyses sanguines de routine
Il est très probable que votre vétérinaire réalise des analyses sanguines de routine, comprenant notamment des tests diagnostiques classiques tels que l’hématologie (numération sanguine) et les profils biochimiques. Les résultats peuvent être normaux, mais il arrive qu’ils révèlent des anomalies, comme une augmentation des enzymes hépatiques si le foie est impliqué dans la hernie.
Imagerie diagnostique
La radiographie (rayons X) permet souvent de visualiser clairement l’anomalie : la ligne normale du diaphragme, qui sépare l’abdomen du thorax, est rompue, laissant passer le contenu abdominal dans la cavité thoracique.
On peut ainsi observer des organes abdominaux au-dessus des poumons et du cœur. Parfois, un accumulation de liquide pleural ou péritonéal se forme autour des organes déplacés, créant ce que l’on appelle un épanchement pleural. Ce liquide peut masquer la déchirure diaphragmatique et compliquer le diagnostic.
L’échographie constitue un outil sensible pour détecter la présence d’organes abdominaux dans le thorax et reste efficace même en présence de liquide pleural abondant. Elle peut donc compléter utilement la radiographie afin d’établir un diagnostic précis.
L’emplacement exact et la taille de la déchirure doivent être soigneusement évalués. Une déchirure ventrale (située vers le bas du diaphragme, près de la paroi abdominale) peut nécessiter une approche différente d’une déchirure dorsale (proche de la colonne vertébrale). Le côté droit du diaphragme est plus large que le côté gauche, mais la rupture peut toucher l’un ou l’autre côté.
Traitement de la hernie diaphragmatique

La réparation chirurgicale constitue le seul traitement efficace pour une hernie diaphragmatique, mais l’intervention reste complexe. Pete Wedderburn / Cats.com
La correction chirurgicale du trou dans le diaphragme est la seule méthode efficace pour traiter une hernie diaphragmatique, mais elle doit être planifiée avec soin. Le risque anesthésique est plus élevé que pour de nombreuses autres interventions en raison de la nature de la pathologie.
La priorité immédiate est de stabiliser le chat, qui a souvent subi un traumatisme majeur. Il est essentiel que l’animal soit complètement stabilisé avant de procéder à l’opération. Cela peut nécessiter de reporter l’intervention de 24 heures ou plus.
Cependant, la chirurgie ne doit pas être retardée indûment : elle doit être réalisée dès que le patient est stable. La réparation se fait généralement par une incision médiane dans l’abdomen. Dans de rares cas, une incision supplémentaire dans la paroi thoracique peut être nécessaire pour améliorer la visibilité et l’accès.
L’intervention comporte des risques importants : un assistant anesthésiste, qu’il s’agisse d’un vétérinaire ou d’un technicien, doit utiliser un respirateur pour gonfler les poumons du chat, car ceux-ci peuvent ne pas fonctionner correctement en raison des dommages au diaphragme.
Après le traumatisme, les poumons peuvent être affaissés, et il faut éviter de les regonfler trop rapidement ou brutalement afin de ne pas provoquer de dommages ni un œdème pulmonaire de réexpansion.
Parmi les complications possibles figurent des adhérences entre les organes déplacés et le contenu de la cavité thoracique. Celles-ci doivent être soigneusement dissociées pour replacer correctement chaque structure.
Une fois la hernie fermée, l’air de la cavité thoracique doit être aspiré afin de recréer le vide nécessaire à la dilatation normale des poumons. La suture finale doit être réalisée avec précision, les poumons étant gonflés pour optimiser ce vide et réduire le risque de pneumothorax. Un drain thoracique peut être laissé en place pour permettre l’évacuation répétée de l’air et des liquides pendant la période postopératoire immédiate.
Il est difficile d’estimer le coût d’une intervention pour hernie diaphragmatique, car de nombreux facteurs entrent en jeu selon chaque cas. La chirurgie dépend de la taille, de la forme et de la localisation exacte de la déchirure. Il est conseillé de demander à votre vétérinaire un devis détaillé avant d’accepter le traitement.
Suivi et pronostic
Après l’opération, les chats peuvent rester en soins intensifs pendant un certain temps, bénéficiant d’oxygénothérapie et d’une surveillance rapprochée. Outre les examens physiques fréquents, des radiographies répétées peuvent être réalisées pour suivre l’évolution du chat après l’intervention.
Le pronostic varie : entre 50 et 90 % des chats se rétablissent complètement après une chirurgie de réparation de la hernie diaphragmatique. Le résultat dépend du type de hernie et de l’état de santé général de l’animal.







