Sarcomes au site d’injection chez le chat : causes, symptômes et traitements

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injection pour chat

Dans cet article, nous allons explorer le monde des sarcomes au site d’injection chez le chat (FISS), une affection rare mais préoccupante. Ces tumeurs peuvent apparaître aux endroits de vaccination, soulignant l’importance de pratiques de vaccination soigneuses et appropriées.

Quelle est la fréquence des sarcomes au site d’injection chez le chat ?

Les sarcomes au site d’injection chez le chat sont difficiles à quantifier. Heureusement, ils restent assez rares, touchant seulement un chat sur 1 000 à 10 000.

Cela dit, leur rareté n’est pas de grand réconfort si votre chat fait partie des statistiques. La cause d’un sarcome au site d’injection (anciennement appelé sarcome associé au vaccin) est multifactorielle, mais les vaccins représentent un point de départ important.

Certains vaccins provoquent une inflammation au niveau du site d’injection afin de stimuler le système immunitaire. Ce sont les vaccins avec adjuvant. L’adjuvant joue un rôle utile, mais chez certains chats, cette inflammation locale peut, au fil du temps, transformer les cellules inflammatoires en cellules cancéreuses.

Ces cellules anormales peuvent former une tumeur appelée fibrosarcome. D’autres causes d’inflammation peuvent également déclencher un sarcome. Il semble que les chats qui développent un fibrosarcome au site d’injection présentent une prédisposition génétique au cancer.

Le fibrosarcome est une forme de cancer extrêmement invasive. Son principal problème réside dans son agressivité locale : il ne se limite pas à la tumeur que l’on peut voir ou palper, mais s’étend également à des cellules microscopiques qui envahissent les tissus environnants. Si l’on retire seulement la masse sans enlever une marge suffisante de tissu sain autour, la tumeur réapparaîtra très probablement, souvent sous une forme plus agressive que l’originale.

Cette tumeur peut aussi se propager, ou métastaser, vers d’autres organes, mais cela survient généralement à un stade avancé de la maladie, avec un taux de métastases d’environ 20 %. Le traitement le plus courant reste la chirurgie. Aujourd’hui, il est recommandé de prélever une marge de tissu sain de 5 cm autour de la masse, ainsi que deux couches de muscle sous-jacent.

Il s’agit d’une zone très étendue, ce qui implique une chirurgie importante pour un patient de la taille d’un chat. Pour les tumeurs volumineuses ou situées dans des zones difficiles d’accès, ces marges peuvent être impossibles à réaliser, et une combinaison de chirurgie et de radiothérapie peut alors être envisagée.

La prévention, le choix judicieux du site de vaccination, la détection précoce, le diagnostic rapide et le traitement adapté sont essentiels pour garantir le meilleur pronostic possible si votre chat développe un sarcome au site d’injection.

Réduction des risques

Il est essentiel de vacciner votre chat pour préserver sa santé ainsi que celle de votre famille. La rage représente un danger sérieux pour les animaux et les humains, et il est donc crucial de s’assurer que votre chat est correctement vacciné. Ne pas vacciner votre chat n’est pas une option viable.

Cela dit, il est important de travailler avec votre vétérinaire pour adapter le protocole de vaccination au mode de vie et au niveau de risque de votre chat. Il existe des vaccins antirabiques sans adjuvant, qui peuvent diminuer le risque de développement d’un sarcome, car ils provoquent moins d’inflammation au site d’injection.

Ces vaccins sans adjuvant sont généralement plus coûteux, mais, à mon avis, cet investissement supplémentaire en vaut la peine pour réduire le risque de sarcome.

Emplacement du site de vaccination

Les recommandations actuelles concernant les sites de vaccination chez le chat sont précisées dans les directives de l’American Association of Feline Practitioners. Elles préconisent d’administrer les vaccins sous le coude ou le genou du chat.

Cela peut surprendre, car c’est différent de ce que l’on observe habituellement lors des visites vétérinaires. L’objectif de cette recommandation est simple : si un sarcome se développe au site d’injection, le traitement le plus efficace pourra être l’amputation du membre concerné.

C’est une idée difficile à envisager, mais elle peut sauver la vie de votre chat. Dans le passé — et malheureusement encore aujourd’hui — les sites de vaccination pouvaient inclure la zone entre les épaules et les hanches ou les flancs. Ces localisations compliquent fortement la prise en charge tumorale, rendant parfois impossible l’ablation complète de la masse, ou nécessitant des interventions chirurgicales radicales comme l’ablation d’une partie de la paroi corporelle ou de l’hémipelvis (partie du bassin et du membre).

Une étude portant sur la vaccination au niveau de la queue a montré une réponse immunitaire chez 95 % des chats. J’ai moi-même vacciné mon chat à cet endroit, bien que ce ne soit pas une pratique courante. Si ce site est choisi, il est généralement nécessaire de raser la moitié inférieure de la queue afin que son ablation avec une marge de 5 cm reste possible si cela s’avère nécessaire.

Détection précoce

Vétérinaire avec un gros chat tigré

La détection précoce des sarcomes au site d’injection est essentielle au succès du traitement de cette affection.

Comme pour de nombreux cancers, chez les animaux comme chez les humains, une détection précoce est souvent la clé d’un traitement efficace. Il est important de surveiller votre chat pour repérer toute masse cutanée, en portant une attention particulière aux sites de vaccination.

Il est assez courant d’observer une petite masse au niveau du site d’injection dans les semaines qui suivent la vaccination. Il ne faut donc pas paniquer immédiatement. En revanche, si la masse persiste plus d’un mois, devient ferme ou continue de croître, une vigilance accrue est nécessaire.

Un sarcome peut se développer plusieurs mois, voire des années, après la vaccination. Il est donc important d’examiner toute masse présente sur les sites d’injection antérieurs. Bien qu’une ponction à l’aiguille fine — consistant à prélever un échantillon de cellules pour analyse cytologique en laboratoire — soit généralement la première étape lors de l’examen d’une masse cutanée, ce type de tumeur nécessite une approche différente.

En effet, l’examen cytologique peut être trompeur, car il est souvent difficile de distinguer les cellules inflammatoires des cellules tumorales. Le meilleur moyen d’évaluer un sarcome au site d’injection suspecté reste la biopsie tissulaire.

La biopsie n’est pas synonyme d’ablation complète de la masse. Seule une petite portion est prélevée afin d’obtenir un diagnostic précis, la masse restant en place jusqu’à la planification d’une intervention chirurgicale définitive.

Planification du traitement

Si un sarcome au site d’injection est confirmé par biopsie, l’étape suivante consiste à planifier le traitement. Cela peut inclure des analyses sanguines pour évaluer l’état général de santé de votre chat, ainsi que des examens de stadification pour étudier la tumeur de manière plus approfondie et vérifier la présence éventuelle de métastases aux poumons.

Chez mes patients, cela se fait le plus souvent par scanner thoracique, afin d’examiner les poumons et la zone affectée. Lorsqu’un sarcome au site d’injection est fortement suspecté, je réalise souvent le scanner et la biopsie simultanément, car les deux procédures nécessitent soit une sédation profonde, soit une anesthésie générale.

Traitement

British Shorthair portant une combinaison avec les mains d'une personne qui la caresse

La chirurgie est le traitement le plus efficace du sarcome au site d’injection.

Le traitement le plus efficace contre le sarcome au site d’injection reste la chirurgie. Lorsque le site d’injection se situe sous le coude ou le genou, l’amputation du membre offre généralement le meilleur pronostic et constitue le traitement recommandé.

Ces interventions sont souvent considérées comme des chirurgies de référence. Il est donc important de discuter de l’orientation vers un chirurgien vétérinaire certifié avant de débuter le traitement. Pour les tumeurs trop volumineuses pour permettre des marges de 5 cm, ou situées dans des zones où ces marges ne sont pas réalisables, une combinaison de chirurgie et de radiothérapie peut être envisagée.

Dans certains cas, la radiothérapie est administrée avant la chirurgie, et dans d’autres, l’intervention chirurgicale précède le traitement par radiothérapie. Malheureusement, les résultats de cette approche combinée restent moins favorables que lorsque les marges chirurgicales recommandées peuvent être atteintes.

Soins de suivi

La plupart des chats se rétablissent très bien après l’amputation d’un membre, à condition qu’ils soient en bonne santé générale. Après l’opération, les tissus prélevés sont envoyés au laboratoire pour confirmer le diagnostic et évaluer les marges d’excision.

C’est grâce à cette analyse que l’on peut déterminer si toutes les cellules tumorales ont été retirées. Le pathologiste examine les bords des tissus excisés et rédige un rapport. Si aucune cellule cancéreuse n’est détectée à moins de 5 mm des marges, la tumeur est considérée comme complètement retirée (marges nettes).

En général, lorsque les marges sont nettes, aucun traitement supplémentaire n’est nécessaire. La chimiothérapie n’est généralement pas recommandée pour cette maladie, car le risque de métastases pulmonaires reste relativement faible (environ 20 %), même s’il peut exister des exceptions.

La radiothérapie est souvent indiquée lorsque les marges sont incomplètes. Par ailleurs, la poursuite de la vaccination chez les chats ayant présenté cette maladie n’est généralement pas conseillée.

Conclusions

Avec un protocole de vaccination adapté à votre chat, un choix judicieux du site d’injection, une détection précoce et des marges chirurgicales appropriées, il est possible d’obtenir de bons résultats face à cette forme de cancer très agressive.

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Dr. Sarah Boston, DVM, DVSc, Diplomate ACVS

La Dre Sarah Boston a obtenu son diplôme du Western College of Veterinary Medicine à Saskatoon, en Saskatchewan, au Canada en 1996. Elle a effectué un stage en rotation à l'Université de Guelph l'année suivante. Elle a exercé la médecine générale pendant trois ans avant de se rendre à l'Université de Guelph pour une résidence et un doctorat en chirurgie des petits animaux. Elle a obtenu son certificat auprès de l'American College of Veterinary Surgeons en 2004. Sarah a ensuite effectué un stage postdoctoral en oncologie chirurgicale à l'Université d'État du Colorado en 2005. Sarah a été membre du corps professoral de l'Université de Guelph pendant cinq ans et de l'Université de Floride pendant cinq ans. Elle a été titulaire dans les deux universités. Elle est actuellement chirurgienne-oncologue en pratique privée chez VCA Canada dans la région de Toronto. Elle est membre fondatrice de l'ACVS en oncologie chirurgicale et en chirurgie buccale et maxillo-faciale. Elle est l'ancienne présidente de la Veterinary Society of Surgical Oncology et présidente de la réunion scientifique de la VSSO. Elle a écrit de nombreux articles de revues dans des chapitres de manuels sur l'oncologie chirurgicale, dont certains sont très bons. Sarah est également une auteure à succès et une survivante du cancer. Son premier livre Lucky Dog: How Being a Veterinarian Saved my Life, a été publié par la House of Anansi Press en 2014. Elle est la fondatrice de The Cageliner, un journal satirique destiné à la profession vétérinaire. Pendant son temps libre, elle fait du stand-up comedy. Elle parle couramment le chat.